La première fois que nous avons découvert la calanque de l’Establon, c’était en kayak depuis Niolon. On longeait la côte vers l’est, pagaie après pagaie, entre les falaises blanches et l’eau turquoise. Après La Vesse, après Figuerolles, on a glissé dans une crique si étroite que les parois semblaient se refermer au-dessus de nous. Pas un bruit. Pas une âme. Juste le clapotis de l’eau contre la roche et les arches d’un viaduc qui découpaient le ciel au-dessus de nos têtes.
Depuis, c’est devenu notre excursion préférée à recommander aux voyageurs de La Cigale de Niolon. La calanque de l’Establon fait partie de ces lieux que les locaux gardent pour eux . Pas de panneau, pas de parking, pas de restaurant. Juste la Méditerranée à l’état brut, à une poignée de kilomètres de Marseille.
On vous dit tout pour la découvrir sans mauvaise surprise !
Où se trouve la calanque de l’Establon ?
La calanque de l’Establon se situe sur la Côte Bleue, dans la commune du Rove, entre le quartier de l’Estaque (16e arrondissement de Marseille) et le village de Niolon. Nichée au pied du massif de la Nerthe, elle s’ouvre sous les arches du viaduc de la ligne ferroviaire Miramas-Marseille.
Quelles calanques la bordent ?
Pour vous repérer, voici l’ordre des calanques de la Côte Bleue d’est en ouest, depuis Marseille :
- Corbières : plages de sable blanc accessibles en voiture, point de départ des nageurs
- Resquiadou : cabanons blancs sous les arches du viaduc, ambiance presque grecque
- Establon : notre sujet du jour, étroite et sauvage
- Figuerolles : petite plage de galets, baignade facile, ruines du Fort au-dessus
- La Vesse : petit port habité, passage du Sentier des Douaniers
- Niolon : notre village, son port, ses restaurants, le centre UCPA de plongée
L’Establon se trouve donc à mi-chemin entre l’Estaque et Niolon, sur ce littoral sauvage que les randonneurs et les kayakistes sont les seuls à parcourir.
Pourquoi est-elle si peu connue ?
Parce que tout est fait pour qu’elle le reste. Pas de route carrossable qui descend à la calanque. Pas de panneau indicateur sur la D568. Pas de parking dédié, juste une dizaine de places sur le bas-côté avant le tunnel du Rove, que les habitués se partagent sans bruit.
Le sentier d’accès final n’est pas balisé, franchement escarpé par endroits, et il n’y a sur place ni eau potable, ni poubelle, ni réseau mobile fiable. C’est exactement pour ça que l’Establon reste déserte quand les calanques de Cassis débordent en juillet. Et c’est exactement pour ça qu’on l’aime.
Comment accéder à l’Establon à pied ?

Deux itinéraires permettent de rejoindre la calanque de l’Establon : le plus court part du tunnel du Resquiadou sur la D568 (30 à 40 minutes de marche), le plus beau démarre de Niolon par le Sentier des Douaniers en direction de l’est (environ 1h30).
Quel chemin prendre depuis le Resquiadou ?
C’est l’accès le plus direct. Depuis Marseille ou Le Rove, prenez la D568 en direction de l’Estaque. Juste avant le tunnel du Resquiadou, une petite route part sur la droite : le Chemin du Resquiadou.
Garez-vous au parking (une dizaine de places). Si c’est complet, le parking de Corbières en contrebas offre une alternative.
À pied, repérez le petit pont en pierre qui franchit le ravin. Suivez le sentier balisé en bleu qui monte franchement au départ. Après le collet, redescendez vers le vallon de l’Establon. Le sentier longe la voie ferrée du TER de la Côte Bleue, vous passerez devant d’anciens blockhaus, vestiges des défenses du littoral. La descente finale vers la calanque demande un peu d’attention : terrain caillouteux, passages non sécurisés.
- La durée du trajet : 30 à 40 minutes.
- Dénivelé : modéré.
- Difficulté : moyenne, portez de vraies chaussures de randonnée, pas des tongs.
Peut-on partir de Niolon ?
C’est notre itinéraire préféré. Depuis la gare de Niolon, descendez vers le port et prenez le Sentier des Douaniers (balisage bleu) en direction de l’est.
Le chemin longe la côte, passe sous le viaduc de La Vesse, contourne les falaises et descend vers la calanque de Figuerolles, un bon spot pour une première pause baignade.
De Figuerolles, poursuivez le sentier littoral vers l’est. Après une montée raide et un passage au-dessus du tunnel ferroviaire, vous redescendez dans le vallon de l’Establon. Comptez 1h30 de marche depuis Niolon, avec un dénivelé cumulé d’environ 350 mètres.
L’avantage de cet itinéraire? Vous pouvez venir en train depuis Marseille Saint-Charles (25 minutes, un trajet magnifique), sans voiture, et rentrer par le même sentier ou boucler par le Fort de Figuerolles.
Peut-on se baigner à l’Establon ?

Oui, la baignade est possible à l’Establon, mais dans des conditions sauvages : pas de plage de sable, accès à l’eau par les rochers, aucune surveillance ni équipement. L’eau est cristalline, fraîche même en été grâce aux sources souterraines, et la calanque est souvent déserte.
À quoi ressemble l’eau ?
Christine résume ça mieux que nous : « C’est l’eau la plus claire qu’on ait vue sur toute la Côte Bleue, et pourtant on connaît chaque crique entre ici et Carry. »
La calanque de l’Establon est très étroite. Les falaises calcaires se resserrent comme les murs d’un couloir. Le fond est rocheux, tapissé d’algues et d’éponges. En snorkeling, vous croiserez des sars, des roucaous et probablement quelques oursins plaqués contre la roche. L’eau reste fraîche, entre 16 et 20°C selon la saison, à cause de résurgences souterraines typiques du massif de la Nerthe.
Un détail à savoir toutefois! Un pic rocheux barre l’entrée de la calanque côté sud. Par conséquent, le soleil direct y pénètre surtout le matin. Dès le début d’après-midi, l’ombre gagne le fond de la crique. Prévoyez ainsi votre baignade en conséquence.
Quelles précautions prendre ?
Soyons directs, l’Establon n’est pas une plage aménagée. Voici ce qu’il faut emporter et savoir avant de partir :
- 1,5 litre d’eau minimum par personne (aucun point d’eau sur place)
- Chaussures de marche pour le sentier et des chaussures aquatiques pour les rochers
- Protection solaire : pas d’ombre sur le sentier, et le calcaire blanc réverbère
- Vérifiez la météo marine : par gros temps, les courants à l’entrée de la calanque rendent la baignade dangereuse
- Ramenez tous vos déchets : il n’y a ni poubelle ni ramassage
- Prévenez quelqu’un de votre itinéraire : pas de réseau mobile fiable dans le vallon
Que voir autour de l’Establon ?
L’Establon s’inscrit dans un parcours riche en patrimoine : le Fort de Figuerolles (1884), l’un des plus spectaculaires viaducs de la ligne ferroviaire de la Côte Bleue, les cabanons blancs du Resquiadou et la calanque de Figuerolles, parfaite pour une baignade accessible.
Qu’est-ce que le Fort de Figuerolles ?
En montant depuis le vallon de l’Establon, un détour de dix minutes par le sentier vous amène aux ruines du Fort de Figuerolles, construit en 1884 pour défendre le littoral marseillais.
Les murs de pierre sont encore debout, envahis par la garrigue : du thym, du romarin et des cistes poussent entre les pierres. La vue depuis le sommet embrasse toute la rade de Marseille, les îles du Frioul et le Château d’If.
Un deuxième fort attend les marcheurs plus à l’ouest : la batterie militaire de Niolon, construite en 1890, accessible depuis le Sentier des Douaniers. Ces fortifications témoignent d’une époque où la Côte Bleue était un verrou stratégique pour la défense de la rade.
Pourquoi le viaduc est-il si spectaculaire ?
Le viaduc qui surplombe l’Establon fait partie de la ligne ferroviaire Miramas-Marseille, construite entre 1879 et 1915. Sur 32 kilomètres, elle enchaîne 18 viaducs et 23 tunnels à flanc de falaise . Un exploit d’ingénierie qui en fait l’un des plus beaux trajets en train de France !
Depuis la calanque, les arches de pierre découpent le ciel au-dessus de vous. En levant les yeux, il arrive qu’un TER passe dans un grondement sourd, comme un rappel que la civilisation n’est jamais très loin, même quand on se sent au bout du monde.
À quelques minutes de marche vers l’est, le Resquiadou vaut aussi le coup d’œil : une poignée de cabanons blancs accrochés entre la roche calcaire et les arches du viaduc.
La plupart des voyageurs décrivent l’endroit en une phrase : « On se croirait en Grèce. »
Quand visiter la calanque de l’Establon ?
Le printemps (mars à juin) et l’automne (septembre à novembre) sont les meilleures saisons pour découvrir l’Establon. En été, l’accès au massif est réglementé par arrêté préfectoral en raison du risque d’incendie. En hiver, la calanque offre une solitude totale dans un paysage minéral saisissant.
Quels sont les risques l’été ?
L’été sur la Côte Bleue, le risque incendie conditionne tout.
L’accès au massif de la Nerthe est réglementé par arrêté préfectoral : un code couleur (vert, jaune, orange, rouge) est mis à jour chaque matin par la Préfecture des Bouches-du-Rhône. Rouge = accès interdit, point final.
Consultez le site de l’Office de tourisme de Marseille ou l’application « Mes Calanques » avant de partir.
Au-delà de la réglementation, le sentier est exposé en plein soleil, sans un brin d’ombre. Avec 35°C et le calcaire blanc qui réverbère, la randonnée devient éprouvante. Si vous y allez en été, partez tôt le matin, avant 8h, et emportez au moins 2 litres d’eau par personne.
Pourquoi le printemps est-il idéal ?
C’est notre saison préférée pour l’Establon.
La garrigue explose de couleurs : thym et romarin en fleurs, cistes blancs et roses, lavande maritime dans les fissures du calcaire. L’air sent la résine de pin d’Alep mêlée au sel. Les températures de marche sont parfaites, entre 15 et 22°C, et vous ne croiserez quasiment personne sur le sentier.
La baignade devient agréable à partir de mai-juin. Et au retour, vous pourrez vous installer sur la terrasse de l’Auberge du Mérou à Niolon pour un poisson grillé face à la rade, les jambes encore salées de la balade.
C’est ça, la Côte Bleue !
Depuis notre terrasse de La Cigale de Niolon, on aperçoit la côte filer vers l’est, au-delà de La Vesse, au-delà de Figuerolles, jusqu’à cette crique étroite qu’on ne voit pas mais qu’on sait là. L’Establon, c’est notre petite aventure à portée de main. Une demi-journée de randonnée, une baignade dans une eau que personne d’autre ne trouble, et le soir, du poisson grillé les pieds dans la calanque de Niolon. Si ce programme vous parle, vous savez où nous trouver.
FAQ
Non. Aucune route ne descend jusqu’à la calanque. Le parking le plus proche se trouve sur la D568, juste avant le tunnel du Rove (une dizaine de places). Ensuite, comptez 30 à 40 minutes de marche. Si le parking est plein, rabattez-vous sur celui de Corbières, en contrebas.
Non. L’accès à l’eau se fait par les rochers. La calanque de Figuerolles, à 15 minutes de marche, dispose d’une petite plage de galets plus facile d’accès pour entrer dans l’eau.
Oui, et c’est magnifique. Longez la côte vers l’est depuis le port de Niolon, passez La Vesse et Figuerolles. Comptez environ 45 minutes de pagaie. Vous pouvez aussi combiner kayak à l’aller et randonnée au retour ou l’inverse.
Le sentier est escarpé, non sécurisé et déconseillé aux jeunes enfants. Pour une sortie familiale sur la Côte Bleue, préférez la plage de Niolon ou la calanque du Jonquier (10 minutes à pied depuis Niolon, petite plage accessible).
Non. Le bivouac est interdit sur l’ensemble du littoral de la Côte Bleue et du Parc Marin. Pas de feu, pas de tente, pas de nuit à la belle étoile, la réglementation est stricte et les contrôles réguliers.
